Féminisme : Ce que dit le dernier livre de Zemmour : « Destin français »


"Comment raconter une Histoire de France à nos contemporains qui ne reconnaîtrait aux femmes la place que nos mentalités d’aujourd’hui estiment qu’elles méritent ?"

Une Histoire de France qui ne serait pas vue " comme un catalogue d’inventions forgées par d’horribles hommes blancs, hétérosexuels [..]  pour persécuter [notamment] les femmes"

C'est l'une des questions que pose Zemmour dans son dernier livre "Destin français".


Non sans ironie, car le politiquement correct n'étant pas sa marque de fabrique, on le devine, l'histoire de France par Zemmour n'est pas calibrée pour plaire et donc ne pas déranger.

En ligne de mire des critiques de Zemmour, les intellectuels (historiens, sociologues, idéologues) qui depuis des décennies s'emploient à réécrire l'histoire de France pour la rendre plus inclusive, plus égalitaire et au bout du compte plus rien du tout.

Parmi les révisionnistes du roman national : les féministes. Spécialistes de la discipline avec le mythe de la domination masculine. Probablement l'une des plus grandes histoires mythologiques jamais écrites et enseignées dans les universités françaises. Un chef d'oeuvre de réécriture anachronique et décontextualisée de l’histoire. Aux dernières nouvelles, mêmes les hommes de cro-magnon étaient sexistes. Alors forcément, Zemmour, auteur du Premier Sexe, n'allait pas manquer de leur consacrer quelques pages de son dernier ouvrage "Destin français".


Le temps de la grandeur : la verticalité du pouvoir patriarcal


Le premier coup de semonce à destination du féminisme est pour ce que Zemmour nomme la " trilogie féminine et curiale du XVIIIe siècle, Pompadour, Du Barry, Marie-Antoinette".

Pour lui à cette trilogie "répondra la trilogie plébéienne et virile de la Révolution : Rousseau, Robespierre, Bonaparte."

"Rousseau dénoncera la tyrannie féminine sur les salons, la fausseté artificielle des relations sociales sous leur domination, et militera pour le retour à leur « nature » maternelle. Robespierre détruira cette société aristocratique et expulsera les femmes de la vie politique ; il fera guillotiner la féministe Olympe de Gouges et Madame Roland. Napoléon codifiera juridiquement les principes de cette nouvelle société bourgeoise, en rétablissant la verticalité du pouvoir patriarcal, dans la famille comme dans l’État."

Le décors Zemmourien est planté. La France ne fut grande que lorsqu'elle s'est tenue debout, verticale, virile et patriarcale.


L'obsession égalitaire fait du féminisme une idéologie de mort :


Mais c'est à l'occasion d'un portrait au vitriol sur le couple Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, auxquels l'ouvrage consacre deux chapitres, que  Zemmour va pilonner , non sans humour et sarcasmes, sur le féminisme.

"Simone de Beauvoir [..] aurait déniché la clé miraculeuse qui a ouvert la prison dorée de la nature, dans laquelle croupissaient les femmes depuis des millions d’années, afin d’échapper à la surveillance de leur infâme geôlier, leur père, leur mari, leur amant. L’homme. La nature, voilà l’ennemi. Et plus particulièrement la nature hétérosexuelle, cette machine « sadomasochiste » qui faisait de la femme une proie et l’homme, un chasseur."

Reprenant au passage la célèbre formule de Flaubert "Les femmes confondent leur cœur avec leur cul, et croient que le rayon de lune a été inventé pour éclairer leur boudoir" Zemmour donne  une leçon à celles qui pensent pourvoir s'affranchir du réel (et notamment de la biologie) en proclamant non sans paradoxe et ridicule, serviettes hygiéniques à la main : "On ne naît pas femme on le devient".

La thèse  défendue par Zemmour  est que les stéréotypes sexistes sont "des leçons que nos ancêtres, non sans finesse, ont tirées au fil des siècles de l’observation du réel". Que "Le destin c'est l'anatomie" et donc "notre biologie impose l’asymétrie et l’inégalité dans la sexualité".

Chercher à dépasser cette asymétrie, "c'est prendre le risque d'embrasser une "idéologie de mort [..] niant la vie pour imposer [une] obsession de l’indifférenciation égalitaire".

Il est vrai que la "PMA  pour toutes" sera sans doute une grande victoire des féministes contre le patriarcat (puisque le père est désormais rayé de la filiation - ce qui en soit est un Graal matriarcal).

Mais il mènera possiblement à la GPA, à une époque où le transhumanisme, la sélection génétique, la gestation artificielle, sont à nos portes.  Il n'est pas certains alors que le féminisme, dans une folie libérale sans nom, ne s'apprête à ouvrir une boite de Pandore scellant le destin de l'humanité pour dérouler le tapis rose-violet de l'inhumanité aux géants des "bio-technologies".

La lourde responsabilité des féministes "blanches" :


Mais Zemmour va plus loin qu'une attaque en piquée sur la théorie du genre et autres errements beauvoiriens.

Pour lui le féminisme occidental, dans sa volonté de  détruire le patriarcat,  "désagrège les sociétés". Il conduit les femmes occidentales à mépriser et humilier leurs hommes en faisant "du genre masculin et d’orientation hétérosexuelle la lie de la nouvelle société, les nouveaux Untermensch, une sous-humanité, des déplorables".

En retour, leurs hommes, dont beaucoup restent sur le carreau (divorce, chômage, suicide etc.),  sont furieux. Le fait que l'élection de Trump, ait été analysée comme un premier avertissement des "angry whites men", ne lui donne pas tout à fait tord sur ce dernier point.

Le féminisme, en sommant les hommes d'être désormais "doux et dociles", en les forçant à renoncer à leur virilité et à ranger les armes, pour devenir des mères comme les autres ....  finira par désarmer la société tout entière.

Au bout du chemin, "la mort du patriarcat du petit mâle blanc hétérosexuel occidental, signera la mort de l’Occident".

Civilisation occidentale aujourd'hui méprisée par le féminisme mais qui, comme le rappelle Zemmour, a "façonné les concepts d’humanisme, de liberté, de progrès, d’émancipation des individus". Un juste retour des choses pour les unes, injuste retour des choses pour les autres.

Ce féminisme pour l'auteur est une preuve de décadence. Il écrit ce  type d'idéologie : " ne s’impose que chez des peuples décadents qui croient naïvement être sortis de l’Histoire comme les nôtres ; il est le produit des périodes de paix, où les dangers immémoriaux, la famine, la guerre ont été conjurés. [Le féminisme] retournera à sa place naturelle, subalterne, quand reviendra le temps des combats essentiels [..]". (Lire en ce sens notre article Virilité et périmètre ).

Pour Zemmour la responsabilité des "féministes blanches" dans cet ethno-masochisme sera lourde même si "elles commencent à peine à comprendre qu’elles sont les jouets d’une guerre [..] qui les dépasse". Au bal non mixte des folies identitaires, certaines féministes commenceront par danser seules avant de se voir interdire tout simplement le bal.

Question de nombre, toujours et encore, rappelle Zemmour.


Le féminisme a t'il trop de pouvoir dans les affaires publiques ?


Au final, l'idée sous-jacente du livre serait que la sphère publique est devenue un nouveau boudoir dont les murs sont la parité forcée. Signant alors comme au 18eme siècle, notamment l'affaiblissement du politique. Il y a incontestablement chez Zemmour du Vladislav Sourkov dans son rapport à l'histoire du 18eme lorsque ce dernier écrit :

"Le 18ème siècle, le « siècle des bonnes femmes », malgré tout son faste extérieur, porta un coup fatal à l’absolutisme russe.  [..]. Les systèmes politiques font appel aux femmes quand ils s’essoufflent après une croissance effrénée et atteignent le stade terminal de leur évolution. [..] Les femmes ont grimpé jusqu’au sommet d’un système politique en train de s’écrouler.".

Pour Zemmour, tout comme l’aristocratie avant la Révolution "avait faillie, car dévirilisée et féminisée, elle ne protègeait plus la nation" la question est de savoir si nos élites depuis l'après-guerre n'ont pas à leur tour faillies, en plongeant tête baissée dans le grand bain féminin de l'égalitarisme et de la déconstruction.

Faut-il alors comme le dit Zemmour, que "le peuple s’arroge (à nouveau) son privilège de porter les armes, de se battre aux frontières. Que le Peuple soit à son tour l’Homme de la France" ?.

Chacun se fera son opinion en lisant "Destin Français". La critique pouvant être adressée à Zemmour est d'être parfois trop dans le romantisme et la nostalgie et de manquer de nuances.  C'est sans doute ce dernier point qui manque au  livre de Zemmour rendant impossible une acceptation de son discours sans quelques réserves.

A n'en pas à en douter, pour reprendre l'expression de Franz-Olivier Giesbert, Zemmour est définitivement notre "sale gosse de la république". 

Zemmour sur le féminisme :




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