Tu prends la pilule bleue, l’histoire s’arrête là, et tu crois ce que tu veux. Tu prends la pilule rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu’où va le terrier.


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THE RED PILLS

Ce que l’on nomme les « RED PILLS » ou « the red pill » désigne à l’origine un fil de discussion du site reddit.

Bien qu’il n’existe pas de terminologie ou de définition arrêtée l’expression renvoie aujourd’hui plus généralement à un ensemble de discours pluri-disciplinaires sur divers sites, blogs et vlogs portant sur la condition masculine, la masculinité et les rapports hommes/femmes. Les sites RED PILL sont donc une composante de ce que l’on nomme la manosphere.

A ce titre, les RED PILLS peuvent être considérées, à certains égards, comme des « men studies » ou des « études sur la masculinité » sans pour autant être le pendant exact des « women studies » ou de ce que l’on nomme les « étude de genre ». De fait, à la différence de ces dernières, le discours RED PILL, n’est pas une discipline académique et s’apparente plutôt, pour le moment, à une contre-culture en ligne.

Les RED PILLS prennent comme point de départ une allégorie issue du film Matrix renvoyant elle-même au mythe de la caverne de Platon.

Il s’agit cette fois, pour les hommes, de prendre une « pilule rouge » et de sortir d’une illusion pour partie produite les « études de genre » et les « women studies ». A ce titre, les RED PILLS peuvent également être considérées comme un contre-discours.

Tu es là parce que tu as une intuition, un savoir que tu ne t’explique pas mais qui t’habite, un savoir que tu as ressenti toute ta vie. Tu sais que quelque chose dans le monde ne tourne pas rond dans les relations hommes/femmes qu’on te décrit, sans comprendre pourquoi, mais tu le sais, comme un implant dans ton esprit, de quoi te rendre malade. C’est ce sentiment qui t’as amené jusqu’à moi.
Extrait adapté du film Matrix
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La matrice dont il convient de se débrancher c’est la théorie du patriarcat


La matrice dont il convient de « se débrancher » prend ici la forme de la théorie du patriarcat également connue, dans sa forme contemporaine, sous le terme de « domination masculine ». Cette théorie part du postulat que nous vivrions dans un monde où l’organisation de la société serait fondée sur la détention de l’autorité par les hommes en vue d’une oppression systématique des femmes.

Dans sa forme la moins nuancée l’homme serait tour à tour, dominateur, oppresseur, prédateur, la masculinité toxique, la virilité obsolète. L’histoire des rapports  homme/femme ne serait alors finalement que l’histoire d’un immense complot des hommes pour asservir les femmes.

Ce qui est alors critiqué par les RED PILLS ce n’est pas que l’organisation de la société ait été au cours de l’histoire fondée sur la détention de l’autorité par les hommes ou encore qu’il n’y ait pas une hégémonie masculine dans de nombreux domaines. Ce sont des faits attestés par l’histoire et ils sont globalement admis dans le domaine RED PILL.

Ce qui est en fait critiqué par les RED PILLS dans la théorie du patriarcat, c’est que l’homme ou la masculinité soient présentés sous un angle exclusivement négatif, sans-nuances et, que le point de vue soit gynocentré.

L’apport des RED PILL est alors de mettre en évidence que la réalité des rapports hommes/femmes est en fait beaucoup plus complexe et que, si l’on devait raisonner dans un rapport « dominants/dominés » pour suivre la méthodologie marxiste irriguant la pensée féministe, il serait alors possible de mettre en évidence que chaque genre subit au profit de l’autre genre une forme d’oppression de nature systémique qui lui est propre.

En d’autres termes, aucun genre n’a le monopole de l’oppression, même si cette oppression ne prend pas les mêmes formes (ou ne revêt pas la même intensité) selon que l’on est un homme ou une femme.

Les RED PILLS démontrent alors qu’il n’y a pas une oppression à sens unique, et que la « domination masculine » posée sans aucune réserve ou nuance est une vision en réalité simpliste, partielle, partiale, anachronique et décontextualisée des rapports hommes/femmes.

Elles mettent en évidence, au cours de l’histoire, l’asservissement des deux sexes à des impératifs de survie ou à des logiques biologiques à des époques ou l’état providence, la paix, l’ordre public et l’état de la technique n’avaient rien à voir avec la situation contemporaine.

Les RED PILLS font donc un effort de recontextualisation historique et de réactualisation des rapports hommes/femmes. Elles redonnent une place au biologique, à l’économie, et à la technique pour expliquer les rapports hommes/femmes. Elle ne partent pas du postulat selon lequel le masculin et la virilité seraient purement construits et redonnent également une place au naturalisme.

Enfin, les RED PILLS promeuvent le discours d’une masculinité positive à contre-courant des discours sur la masculinité toxique. Elles réactualisent les valeurs dites masculines pour projeter les hommes dans ce nouveau millénaire.

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  • Qu'est-ce-que "The red pill - pilule rouge" ?
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