Les RED PILLS : réaction à une faillite de la pensée critique


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THE RED PILLS : Réaction à une faillite de l’esprit critique


Nous avons vu dans un précédent article que ce que l’on nomme les « RED PILLS » s’apparente a certains égards à des « men studies » sans pour autant être le pendant exact des « women studies »  dans la mesure où le discours RED PILL, n’est pas une discipline académique et n’est pas repris par les institutions ou les médias « mainstream ». Elles s’apparentent plutôt, pour le moment à une contre-culture ou à un contre-discours en ligne.

Pour comprendre comment nous sommes arrivé à la situation d’un contre-discours sur la condition masculine  et le masculin se développant dans le cadre d’une contre-culture en ligne, il faut rappeler que le  champ académique de ce qu’on appelle les « women studies » devenues « études de genre » voir « sciences féminines » (sic) a été dès le départ « noyauté » par les militantes féministes.

Il est vrai que très peu d’hommes  se sont saisis de la question. Ils ont donc laissé le champ libre au militantisme féministe pour investir le monde universitaire. C’est ainsi que l’essentiel de la production académique dans le domaine des rapports hommes/femmes à partir des années 70 va être produit par des militantes féministes. Le mélange des genres entre le militantisme et les sciences va alors pouvoir déployer tous ses  effets y compris les plus délétères.


À quand la théorie du genre pour les lionnes ou les gnous femelles ? Qui leur transmettra la bonne parole ? Mais pourquoi donc tous les autres mammifères restent-ils conditionnés au réel ? Alors qu’on vient de démontrer qu’il suffisait de répéter inlassablement une théorie pour qu’elle soit vraie.
L. LANHER, "Les féministes n'auront pas l'Alsace et la Lorraine".

Le militantisme féministe au sein des universités a produit en masse depuis 50 ans de la pseudo-science aux bases épistémologiques particulièrement corrompues et politisées.


D’inspiration néo-marxiste, adeptes du post-modernistes et de la déconstruction à tout va dans le but de « détruire le patriarcat », elles ont en effet immédiatement posé les termes du débat dans un rapport « dominants/dominées » et veillé à exclure du champ de la pensée tout ce qui viendrait contredire ou même seulement nuancer les concepts de « patriarcat » de « masculin hégémonique » ou de « domination masculine ».

Agissant alors dans un cadre militant et idéologique et non dans un cadre scientifique elles ont imposé de penser les rapports hommes/femmes à partir d’un dogme (la domination masculine) et selon une méthode dialectique oppresseur/oppressées interdisant de penser une quelconque complexité.

Le patriarcat et la domination masculine ont ainsi été posés comme des horizons indépassables et indiscutables et la méthode alors choisie ne pouvait que confirmer le dogme dans une parfaite circularité.

Tout ce qui ne confirmerait pas la thèse de la domination masculine serait ignoré. L’approche serait partielle et partiale et donc idéologique.

C’est ainsi que des champs entiers des sciences et des humanités ont été purement et simplement disqualifiés ou ignorés.  La connaissance étant désormais la connaissance à partir du point de vue féministe. Une théorie fut même créée pour le besoin « the feminist standpoint ». La  biologie, les neuro-sciences, l’histoire ont  notamment fait les frais de cette incursion du militantisme dans le domaine académique. 

Des universitaires se sont bien entendu élevés avec véhémence pour dénoncer ces dérives. Nous renvoyons ici à l’ouvrage de Daphné Patai « Professing Feminism: Education and Indoctrination in Women’s Studies » qui décrit en détail comment l’université c’est transformée en une machine à « endoctriner » des générations d’étudiant(e)s et pourquoi il s’agit de « pseudo-sciences » avec des  bases épistémologiques particulièrement corrompues et politisées. Lire « Comment ne pas construire un discours scientifique Note exploratoire sur les « épistémologies féministes » du point de vue »

En France, même des personnes comme Daniel Welzer-Lang (pro-féministe) ont  attiré  l’attention sur  « le réductionnisme de la pensée » et le « simplisme »  (voir Daniel Welzer-Lang in Masculinité état des lieux) visant à nier tout problème touchant les hommes et jusqu’à l’existence même d’une condition masculine en adoptant une approche par trop gynocentrée.

Comme l’écrit Philippe Huneman (Directeur de recherche à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques –  (CNRS/Université Paris I Panthéon-Sorbonne) :

« Tant qu’un auteur critique l’hétéro-cis-normativité blanche, il peut bien raconter de la bouillie intellectuelle, on le prendra au sérieux. Il lui suffit de présenter les marqueurs de sa pureté idéologique : utiliser par exemple les mots patriarcat, privilège, hétéronormativité, capitalisme (c’est mal), hiérarchie (c’est mal), différence (c’est bien), différance (c’est encore mieux), etc. Inversement, quiconque ne les présente pas devrait être suspecté de soutenir ladite hétéronormativité, et donc subir la censure qu’il ou elle n’a pas su s’imposer. Il arrive ainsi aujourd’hui que les intellectuels de gauche s’accommodent un peu trop facilement de principes qui vont à l’encontre de la liberté d’expression, sinon de la vérité scientifique, et subordonnent leur rationalité de chercheurs à leurs préférences idéologiques. À partir de là, on peut s’arranger aussi avec la vérité tenue pour scientifique. Par exemple, il n’est pas rare de trouver, dans les textes féministes sur les différences entre les genres, un scepticisme envers des faits relativement consensuels de la biologie qui, transposé au domaine de la climatologie, passerait pour climatosceptique ».

En fait, la faillite universitaire dans ce domaine est  abyssale.  La réflexion sur la masculinité, le masculin n’a pas été laissée en jachère, elles a été désherbée afin de veiller à ce que rien qui soit susceptible de remettre en cause les postulats féministes ne pousse. Le fait que l’essentiel de ce qui est écrit sur le masculin (en dehors de la critique) et la condition masculine soit aujourd’hui produit en dehors de l’université signe d’ailleurs dans ce domaine  « sa mort clinique ».

C’est dans ce contexte que peu à peu le discours des « women studies » et des « études de genres » va se diffuser dans la société et devenir le discours dominant pour ne pas dire le « discours imposé » .

Une chose est cependant venue enrayer la belle machine à penser dans un cadre gynocentré : internet.

Des hommes vont alors avoir l’opportunité de prendre la plume, d’autres vont les lires et peu à peu un autre discours que celui des women-studies va être rendu largement accessible. La connaissance et le savoir  ne pouvant plus être filtré par les médias et les institutionnels, peu à peu les hommes vont échanger, discuter, conceptualiser et théoriser sur la condition masculine, le masculin et les rapports avec le sexe féminin.

L’esprit critique, l’audace intellectuelle vont ainsi pouvoir à nouveau s’exercer. Les RED PILL sont nées.

Pour aller plus loin sur la corruption des milieux académiques par le néo-féminisme :

L'expérience de 3 universitaires américains ayant réussi a faire publier des canulars dans des revues universitaires sérieuses en utilisant des concepts féministes.

Interdire aux garçons blancs de parler en classe en les attachant à leur chaise,  culture du viol chez les chiens, viol télépathique par onanisme etc..

Une expérience qui rappelle celle dont a été victime le grand penseur de gauche Alain Badiou qui a publié un texte sans aucun sens mais qui contenait les mots fétiches de la pensée unique.