Sans pères, les enfants sont moins ambitieux donc moins diplômés donc plus souvent au chômage


Les familles monoparentales : derrière le discours de l'émancipation des cadres familiaux dit "traditionnels", un drame social de grande ampleur.


La DRESS conjointement avec l'INSEE vient de publier les résultats d'une vaste étude portant sur une enquête auprès de 5 800 jeunes issus de familles monoparentales et de 6 300 parents.

Un quart des jeunes adultes de parents séparés n’ont plus de relation avec leur père.  Les causes de cette absence de relation provient moins de l'éloignement géographique que d'une absence de vie commune empêchant ces enfants de nouer des liens forts avec leurs pères.

Ces enfants sont nettement moins diplômés que les autres, les difficultés scolaires arrivent souvent tôt et ils sortent du système scolaire plus souvent que les autres enfants. Ils sont aussi plus souvent inactifs et au chômage et quittent plus rapidement le domicile monoparental. 

Point particulièrement intéressant de cette étude, les enfants de parents séparés déclarent, moins que les autres enfants ne pas avoir atteint le niveau d’études souhaité (44 % contre 57 %). Ainsi,  26 % d'entre eux disent ne pas viser un niveau d’étude au-delà de deux ans après le baccalauréat contre 18 % dans le cas où les parents forment un couple (-8 points).  

Ce qui veut dire qu'ils sont moins ambitieux, ce qui n'est pas surprenant en l'absence d'identification à un modèle masculin fort encourageant l'effort, la prise de risque, la compétition.

L'étude met aussi en évidence que lorsqu’ils ne sont plus aux études, 50 % des enfants de parents séparés déclarent avoir un niveau inférieur au baccalauréat contre 36 % des autres jeunes (-14 points). 

Le deuxième point intéressant de cette étude c'est que les effets négatifs de la séparation sont atténués lorsque les parents ont de bon rapports. Ce qui milite pour une réforme en urgence de la justice familiale qui fait encore la part belle à une forme de toute "puissance maternelle" entraînant souvent chez le père un sentiment d'injustice et de mise à l'écart qui se répercute sur la qualité des rapports pères-enfants.

Rappelons qu'après une séparation de leurs parents, la majorité des jeunes ont vécu principalement leur enfance avec leur mère (environ 80%) soit un effectif de 1 058 000 jeunes (1 jeune sur 5).

Alors que notre société porte aux nues le modèle de l'émancipation du patriarcat, tient un discours tendant à dévaloriser les pères et le masculin en général, en coulisse un drame social à grande échelle se joue et tout le monde feint de l'ignorer.

Il y a tout d'abord un coût économique, évident pour l'ensemble de la société au travers les multiples aides sociales accordées aux mères-célibataires (allocations, aides sociales, logements sociaux etc.) lesquelles rappelons le sont particulièrement exposées à la pauvreté. Mais le vrai coût économique est indirect et nettement moins visible.

Dans un article intitulé "Le terrible coût économique et social de l’explosion du nombre de familles monoparentales" Jacques Bichot explique que "L’absence de conjoint oblige à recourir davantage aux services extérieurs (crèches, assistantes maternelles, etc.) d’autant plus que l’activité professionnelle à temps plein est généralement nécessaire pour équilibrer le budget, en dépit des pensions alimentaires et des aides publiques". Mais aussi les couples séparés ne réalisent aucune économie d'échelle " il faut deux logements au lieu d’un à partir du moment où le couple se sépare". "c’est un terrible gaspillage : il faut plus de mètres carrés, de chauffage, etc., pour moins de bonheur au total".

Mais le drame n'est pas que financier car c'est aussi le capital humain des pères qui est perdu. Comme l'explique Alain Touze ( voir article : Familles monoparentales : le lourd coût social et économique que l’on ne veut pas voir), "En dehors des questions en lien avec la maturation psychologique et émotionnelle de l’enfant, il y a aussi  (..) La transmission de capital humain qui est un élément clé pour le développement de l’enfant. Avoir plusieurs adultes (en général les parents) disponibles, à l’écoute et éduqués augmente indéniablement les chances de réussite de l’enfant".

Source DRESS

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