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MGTOW est « mouvement » ou un « phénomène » social et apolitique, en ligne, regroupant des hommes discutant et partageant des opinions sur la condition masculine et notamment, mais non exclusivement, sur le mariage, la paternité et les rapports hommes/femmes. Le mouvement est aussi parfois qualifié de style de vie ou de philosophie.

Il n’existe pas de doctrine « officielle » MGTOW ou d’organisations représentatives. Le mouvement est spontané, en dehors de tout cadre institutionnel ou associatif. Il est également décentralisé et s’inscrit dans ce que l’on nomme la « manosphere ».

MGTOW ne dit jamais la voie qui doit être suivie (c'est là le génie du concept). C'est  un renvoi à la liberté et responsabilité individuelle de chacun.

Présenté abusivement et souvent de façon simpliste, comme un mouvement d’hommes refusant le mariage et la paternité, MGTOW est en réalité un phénomène beaucoup plus complexe qui ne se laisse pas enfermer, sauf à le caricaturer, dans ce prétendu refus.

De fait, nombre de MGTOW sont en fait en couple (ou l’ont été) et pères . Ce qui bien entendu ne les empêchent pas d’avoir une opinion sur le mariage ou la paternité.

D’autres plus nombreux,  à l’instar du personnage Bartleby dans la nouvelle de Herman Melville, face au mariage et la paternité préféreront cependant répondre catégoriquement « I would prefer not to » (e.g j’aimerais mieux pas).

Il est vrai que certains faits semblent inciter à la réflexion avant de se marier et devenir père. Un mariage (ou concubinage) sur 2 finit en séparation (1 sur 3 hors grandes villes) , demandée par les femmes dans 70 % des cas, et avec très peu de chance d’avoir une garde partagée si la mère n’y consent pas (environ : 80% des gardes sont attribuées aux mères). 1 enfant sur 5 ne voit jamais son père.

Dans ce contexte pour les MGTOW, se marier et avoir des enfants, c’est de nos jours comme jouer à la roulette russe avec un barillet à moitié plein sachant que c’est votre femme qui appuiera sur la gâchette 2 fois sur 3.

Rappelons en effet que les bouleversements produits par la perte des enfants, du logement et la chute du niveau de vie conduit souvent à des situations dramatiques pour les hommes. A coté du suicide, il y a aussi la dépression, les conduites addictives, la marginalisation. N’oublions pas qu’il a été mis en évidence qu’  à chaque 1 % d’augmentation du taux de divorce correspond une augmentation de 0,33 % du taux de suicide.

Ce refus de se marier et d’avoir des enfants est alors semble-t-il une réaction de protection face à une société et des institutions jugées injustes dans leur appréhension de la condition masculine et de la paternité.


MGTOW

Men Going Their Own Way


Acronyme MGTOW

MGTOW est l’acronyme de Men Going Their Own Way. L’expression peut se traduire par : Hommes suivant leur propre voie (ou chemin).

Prononciation de MGTOW

MGTOW se prononce MIG-TAU ou MIG-TAO

Logo MGTOW

Le logo de MGTOW est un losange jaune comportant une signalétique indiquant un changement de voie. Il est possible d’y voir aussi une référence à sexe masculin.

Prononciation de MGTOW

MGTOW se prononce MIG-TAU ou MIG-TAO

Beaucoup de MGTOW refusent donc désormais de prendre le risque du mariage et de la paternité quand ils savent qu’ils peuvent tout perdre très facilement (garde des enfants, maison, niveau de vie) parfois même en quelques minutes s’ils sont victimes d’une fausse plainte pour violence conjugale.

Cette attitude de « retrait » vis à vis du mariage et de la paternité est préférée à des revendications portées par des actions militantes classiques. En cela le mouvement MGTOW se distingue des MRA (Men Rights activists) bien que des membres peuvent appartenir aux deux groupes.

Mais attention de ne pas penser que  les MGTOW ne veulent absolument pas fonder une famille ou vivre en couple. Se serait faire une analyse au premier degré. Ce qu'ils expriment est une critique parfois une colère (pour certains une frustration) et ce qu'ils disent c'est qu'ils ne veulent se mettre en couple et faire des enfants à n'importe quelle condition, avec n'importe qui, dans la mesure où si les choses se passent mal c'est eux qui resteront sur le carreau. Pour beaucoup, il s'agit aussi de ne pas mettre une femme au centre de leur vie (voir vidéo de Ralph ci-dessous) et de ne pas vivre une vie gynocentrée.  D'ailleurs, certains MGTOW sont pères et ne veulent pas, après avoir subi une séparation à leur préjudice, s'engager à nouveau avec une autre femme dans la paternité.

Enfin, et c’est un point fondamental pour comprendre MGTOW, pour certains hommes l’absence de paternité et le célibat est une situation subie. Les classes d’hommes les plus touchées sont les ouvriers et les agriculteurs, les hommes désocialisés ou ceux en situation de grande précarité. Ils trouvent dans le mouvement une écoute et un soutient et des explications à leurs situations mais aussi un moyen d'exprimer leur douleur.

MGTOW n’est donc pas un simple refus du mariage et de la paternité, au nom d’une prétendue misogynie ou haine des femmes. C’est un phénomène plus profond.

Ajoutons donc que ce n’est pas ce tromper que de dire que MGTOW est aussi un lieu d’échange et d’information spécifiquement dédié à la condition masculine.



Si tu estimes qu'une chose n'est pas juste, ou bonne pour toi. Suis-ton propre chemin.


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Ampleur du mouvement MGTOW


Il est difficile de connaitre l’ampleur exacte du phénomène MGTOW. S’agissant d’un phénomène né sur internet et s’y développant exclusivement, il ne peut être mesuré (de façon imparfaite) que par le nombre d’internautes inscrits sur certains sites dédiés à MGTOW.

Le site MGTOW.COM (l’un des sites les plus connus) revendique  33 240 membres inscrits (mai 2018) (comp. 22 000 en mai 2017).

Le forum Reddit dans sa section dédiée revendique plus 59 000 membres inscrits (juin 2018) (comp. 22000 en mai 2017). La section « The Red Pill » du site reddit comportant lui aussi une section MGTOW affiche plus de 270 000 inscrits (juin 2018) (comp. 204 000 inscrits en mars 2017). Certaines chaines Youtube dédiées comptent plus de 116 000 abonnés. Quelque soit les sites partout l’on constate une croissance régulière et relativement rapide pour un phénomène de ce type.

Le google trend met en évidence que les recherches sur le terme « MGTOW » ont commencé à croître à partir de 2011 avec une accélération importante depuis 2013.

L’essentiel de la production MGTOW étant en langue anglaise, pour le moment le mouvement se répand dans les pays anglo-saxon. On constate cependant émerger des références à MGTOW un peu partout dans le monde. En Europe, le phénomène c'est d'abord développé en Allemagne et Grande-bretagne. En france, à partir de 2013, les premiers groupes facebook sites, blogs et vlogs sont apparus . On peut estimer la communauté, à partir des likes, inscriptions ou abonnement, à plusieurs milliers de personnes (entre 5000 et 15000 personnes) .

Ces données statistiques laissent à penser que nous sommes en présence d’un mouvement dont la croissance s’accélère et qui sans pouvoir à ce stade être considéré comme massif ne peut plus être considéré comme insignifiant et être ignoré.

Ceci d’autant plus qu’il s’agit d’un mouvement qui se développe sans couverture médiatique (ou avec une couverture médiatique défavorable) et essentiellement de façon underground. Il est donc possible que nombre de sympathisants ne soient pas visibles.

Il est également fort probable, que MGTOW ne soit que la manifestation d’un phénomène social beaucoup plus ancien et profond traduit dans cette statistique de l’INSEE commentée par un article du Figaro révélant qu’1 homme sur 5 né dans les années 60 n’a jamais été père !

« La proportion d’hommes sans enfants a [..] presque doublée en une génération, passant de 12,8% pour les hommes nés entre 1941 et 1945 à 20,6% pour les hommes nés entre 1961 et 1965. Le phénomène est d’autant plus intéressant que du côté des femmes, la proportion de personnes sans enfants est quasiment stable depuis les années 1930: 13,5% des quinquagénaires n’ont jamais enfanté, contre 12% pour les générations précédentes ».  De même ajoute l’article « La proportion d’hommes n’ayant jamais vécu en couple a soudainement progressé: si les septuagénaires sont 5% à ne s’être jamais établi avec quelqu’un, ils sont 10% chez les quinquagénaires ».  Ce doublement du taux de célibat s’explique en partie par «un désir d’autonomie et une pression moins importante des conventions sociales depuis les années 1980» mais aussi par «un choix délibéré de ne pas vivre en couple plus fréquent chez les hommes» « à 50 ans, les femmes ne sont que 7% à n’avoir jamais vécu en couple.Il ne faut pas pour autant oublier les hommes exclus du marché conjugal contre leur volonté, que ce soit à cause des aléas de la vie, de la maladie, du handicap ou de la précarité. Les employés, les ouvriers et les agriculteurs âgés de 50 ans sont ainsi entre 11 et 12% à n’avoir jamais vécu en couple, contre 7,5% des cadres ».

Si ces statistique se confirment dans les prochaines années, MGTOW pourrait être l’expression d’un phénomène social susceptible de profondément impacter nos sociétés

Relevons qu’au Japon, 70% des hommes ne seraient pas intéressés par le fait d’avoir des relations sexuelles ou fonder une famille. Ces hommes sont appelés « Herbivor men » . Ce  phénomène, sans pouvoir se confondre avec MGTOW, présente des similarités importantes.

Un temps moqué, ou vu comme un phénomène étrange et curieux, il est désormais pris très au sérieux par le gouvernement Japonais dans la mesure où  la natalité au Japon a chuté à 1,42 enfants par femmes (2014). On estime que le Japon pourrait ainsi perdre 40 millions d’habitants dans les 50 prochaines années entraînant des bouleversements économiques et sociétaux systémiques, à certains points de vues, préoccupants.

Histoire du mouvement MGTOW


Pour bien comprendre MGTOW, et ne pas faire d’erreur d’interprétation, il est fondamental d’en connaitre l’histoire. Pour cela, il nous faut remonter au début des années 2000. Une partie de cette histoire c’est aujourd’hui perdue car elle a été écrite sur des forums malheureusement fermés et dont il semble ne pas exister d’archives.

Il semble que le mouvement MGTOW est né de l’initiative de deux ou trois hommes, dont on sait peu de choses, et dont seuls les pseudonymes sont connus à savoir Zed, Ragnar, Meikyo.

Ces derniers s’intéressaient aux discussions sur les rapports hommes/femmes et participaient à plusieurs forums traitant de ces questions. Or il était semble-t-il particulièrement difficile voir impossible, pour ces derniers d’y exprimer un point de vue sur ces questions.

Pour bien comprendre le contexte de la genèse du mouvement, il faut ne pas perdre de vue, comme le reporte le blogger Fedrz, que déjà au début des années 2000, le « politiquement correct » régnait et il était déjà impossible de discuter de certains sujets « homme/femme » sans que les débats s’enflamment et dégénèrent.

Ces hommes s’ils souhaitaient exprimer un point de vue différent devaient prendre des précautions oratoires systématiques et procéder à des circonlocutions dès qu’ils avançaient un argument.

La situation était tellement ubuesque qu’ils devaient sans cesse préciser qu’ils ne généralisaient pas leur propos à toutes les femmes ou à toutes les féministes. Ils finirent même par utiliser des acronymes NAWALT (Not all women are like that) et NAFALT (Not all feminists are like that) par simplicité et gains de temps. Rien n’y faisait pour autant . Un jour ils se lassèrent et décidèrent de créer leurs propres blogs et forums.

C’est ainsi qu’est né le slogan MGTOW « If it’s not right, go your own way ». Cette expression doit être entendue comme le reporte le blogueur Fedrz, comme « Quittez ces forums, ouvrez vos propres blogs, dites ce que vous avez envie de dire, et ne veut laissez pas influencer par les autres ».

Historiquement MGTOW est donc né d’un besoin de certains hommes de s’exprimer et d’une réaction à une situation empêchant cette expression.

De là, est apparu la nécessité que des hommes puissent parler de masculinité de la condition masculine comme ils entendaient en parler dans des espaces d’expression qui leur étaient propres.

Des blogs, des forums furent alors créés et formèrent une « web ring » sous la bannière MGTOW identifiable grâce au logo. Peu à peu le mouvement se diffusa et échappa totalement à ceux qui l’avaient créé pour devenir une composante de la manosphere.

On le voit donc, à sa genèse, MGTOW n’a strictement rien à voir avec un refus du mariage et de la paternité.

De tous les mouvements de la manosphere c'est incontestablement le plus difficile à appréhender.

Armand Thomas - Tous droits réservés.


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