Les pères qui déshéritent leurs enfants

Le testament de Johnny Halliday  a été l'occasion pour le L'Obs de revenir au travers de deux articles sur le phénomène de plus en plus fréquent des pères qui désérithent leurs enfants.

Extrait premier article :

"Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS,  spécialiste de la paternité, analyse ainsi ces unions entre un homme vieillissant et une femme plus jeune :

"C’est du 'donnant-donnant'. 'Tu es plus âgé que moi, je te 'donne' ma jeunesse, je risque de finir seule, alors j’ai besoin de sécurité, que tu investisses dans la pierre'.

Les grands perdants de cette "transaction" sont les enfants du premier lit. Leur tort ? Renvoyer sans cesse les pères à une page mal tournée de leur histoire.

"Souvent, le père a versé des pensions alimentaires et sa précédente épouse a parfois pu racheter le domicile familial. Il s’estime donc quitte, il pense avoir fait sa part. Il se 'répare' de la séparation avec le nouveau couple", commente Christine Castelain Meunier.

Extrait deuxième article :

"Le fossé avec les enfants du premier lit se creuse-t-il irrémédiablement ?

Ce qui est certain, c’est qu’ils ne sont plus prioritaires. Au moment où ces enfants se lancent dans la vie, ont besoin d’un logement, ils sont laissés pour compte et sont victimes d’une sorte de fatalisme économique. L’investissement financier est dévié.

En vieillissant, l’homme est aussi peut-être plus présent avec les derniers-nés. Il leur fait plus de place car il ne veut pas "rater" la construction du lien avec eux. Il espère recommencer en mieux ce qu’il a pu mal faire la première fois. Et puis, les enfants devenus grands ne renvoient pas que du positif, ils reprochent parfois au père de ne pas avoir été là. Tout cela devient trop lourd et entre en concurrence avec la nouvelle famille. Les relations avec les grands sont moins gratifiantes qu’avec un tout-petit, qui est dans une dépendance extrême.

Souvent aussi, l’homme a versé des pensions alimentaires et sa précédente épouse a parfois pu racheter le domicile familial. Le père s’estime donc quitte, il pense avoir fait sa part. Il se "répare" de la séparation avec le nouveau couple. La dernière épouse éprouve, elle, souvent de l’amertume envers cette précédente union."