Les freins de la condition masculine :




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Depuis quelques années, des milliers de sites, blogs et vlogs, dédiés au masculin, à la masculinité, à la paternité, ou encore à la virilité, sont apparus un peu partout dans le monde, formant ce que l’on nomme l’androsphère (en anglais manosphère). Des hommes se sont ainsi mis à écrire et à échanger entre eux sur la condition masculine.

En dehors de l'androsphère, le sujet de la condition masculine fait cependant encore l'objet d'un traitement anecdotique, marginal voir inexistant.

Ainsi, l'échec scolaire des garçons, le taux de suicides chez les hommes, leur moindre espérance de vie, leur plus grand taux d'infécondité, le nombre de pères qui ne voient jamais leurs enfants, leur taux d'incarcérations ou d'internements, leur sur-représentation dans les métiers à forte pénibilité ou dangereux, leur moindre accès aux soins, à l'éducation supérieure, aux prestations sociales, aux aides de l'état (e.g logements sociaux), les violences conjugales ou les phénomènes de marginalisation dont certains sont victimes, n'ont pas l'attention qu'ils méritent dans la sphère publique.

Pour expliquer ce phénomène, la réponse généralement fournie consiste à expliquer qu'en réalité il n’y a pas de problèmes spécifiquement masculins.  Si des problèmes existent ils touchent très peu d’hommes et ceux qui s’expriment ne sont que des pères "rageux", des types "frustrés", des misogynes (les fameux déplorables d’Hillary Clinton, l'ex-présidente putative). Si des problèmes sont identifiés, le discours convenu est d'affirmer que les hommes sont à l'origine de leurs propres problèmes (théorie de la masculinité toxique) et en tout état de cause de rappeler que ceux des femmes sont biens plus graves.

L’un dans l’autre, il n’y aurait alors rien d’étonnant, si l'on suit ce types de raisonnements, à constater que la condition masculine mobilise peu. Après tout, qui se mobiliserait pour des problèmes qui n’existent pas, soulevés en plus par des infréquentables ?

L'objet du présent article est d'essayer de dépasser cette vision des choses et d'étudier les freins à la mobilisation pour la condition masculine. Il ne prétend pas à l'exhaustivité et à vocation à être mis à jour au fil de temps.

Les apports des études de psychologie sociale :

Il est tout d'abord possible de partir des apports de la psychologie sociale pour tenter de comprendre  la moindre attention que porte notre société aux problèmes spécifiquement masculins ou plus généralement à la condition masculine.

Plusieurs études sont en effet concordantes pour mettre en évidence qu'hommes et femmes ont tendances à privilégier le bien être et la sécurité des femmes avant ceux des hommes (voir études dans l'encadré).

Elles mettent en évidence que "les hommes s'aiment moins que les femmes ne s'aiment elles-mêmes", c'est à dire qu'ils sont plus enclins à sacrifier un membre de leur sexe que celui du sexe opposé (ce qui n'est pas le cas des femmes). Elles mettent en évidence que dans les rapports hommes/femmes, les femmes se comportent plus comme un groupe solidaire et les hommes comme des individus isolés. Enfin, elles mettent en évidence que la dureté  des conditions de vie auxquelles sont exposés certains hommes entraîne moins de compassion que n'en rencontre le sexe féminin dans une situation équivalente. Les hommes sont plus facilement exposés à des phénomènes d'exclusion, de mise au ban de la société que les femmes et provoquent plus de dégoût social que les femmes.

Partant de là trois déductions peuvent être faîtes pour expliquer les freins à la mobilisation pour la cause masculine  :

La première est que de manière générale, entre un problème touchant les femmes et un problème touchant les hommes, le problème touchant ces dernières aura tendance a être réglé en priorité (c'est un des ressorts du gynocentrisme). Dans cette optique, tant que des problèmes touchant les femmes nécessiteront d'être résolus, ceux touchant les hommes seront ignorés ou mis au second plan. C'est l'une des raisons pour lesquels le féminisme a tout intérêt à  développer des revendications sans fin, car les sujets mis sur la table seront toujours traités prioritairement par rapport aux problématiques masculines.

La seconde déduction qui peut être faite de ces études, c'est qu'il y aura probablement toujours beaucoup plus d'hommes féministes que de femmes prêtent à soutenir la cause masculine. Non pas bien entendu que toutes les femmes soient indifférentes aux problèmes des hommes.

Mais si l'on réfléchi en termes de tendances générales, elles sont plus solidaires et montrent plus de compassion entre elles, qu'elles ne le font à l'égard des problèmes des hommes. Force est de contester d'ailleurs que très peu de femmes défendent des problématiques touchant spécifiquement les hommes.

Les hommes de leur coté sont beaucoup plus enclins à être solidaires avec les femmes (ce qu'ils ont d'ailleurs tout intérêt à faire pour augmenter leur crédit social et leur chance d'avoir une partenaire) qu'avec les membres de leur sexe. Beaucoup d'hommes se disent féministes, très peu osent s'affirmer masculinistes (e.g être pour l’égalité des sexes en ayant une sensibilité particulière pour la condition masculine)

La troisième déduction enfin, est que les hommes en difficultés seront souvent renvoyés à leur propre sort et conduit à régler leur problèmes eux-mêmes, et ce bien plus facilement que ne le serait une femme dans la même situation. En d'autres termes, les pères en colères, les hommes victimes de violences, les hommes mis à la marge (SDF par exemple) n'entraînent que très peu de compassion et, en tout état de cause, une compassion moindre que celle dont bénéficient les femmes dans une situation identique ou similaire.

Ainsi, toutes choses bien considérées, il se peut qu'il n'y ait aucune place possible ou qu'une place très réduite pour un mouvement réellement égalitaire ou un mouvement masculiniste aux cotés d'un mouvement féministe. Les études de psychologie nous laissent à penser qu'un mouvement pour la condition féminine mobilisera toujours plus facilement qu'un mouvement pour la condition masculine. Si cette analyse est juste, il n'y a donc aucun hasard au fait que seul un mouvement féministe ait pu émergé et que les mouvements dits "masculinistes" (et notamment celui  des pères) se heurtent à un plafond de verre malgré tous leurs efforts, et le sérieux des combats qu'ils mènent.

Les résultats de ces études de psychologie sont ainsi des éléments fondamentaux à intégrer dans les raisonnements lorsqu'il s'agit d'analyser les freins à une mobilisation plus massive en faveur de la condition masculine. Bien entendu, comme toutes les études de ce type, il convient de les prendre avec du recul, mais nous les tenons comme des explications réelles et sérieuses aux freins à une mobilisation massive pour la cause masculine. Les mouvements masculins doivent en tenir compte et intégrer ces données dans leurs stratégies.


L’enfermement des hommes dans le stéréotype « de l’homme fort » :


Tout comme les femmes, les hommes sont soumis à des stéréotypes dits de « genre ». L’une des injonctions faites aux hommes est de ne pas se plaindre ou encore de ne pas se montrer faibles ou en situation de vulnérabilité. Ils doivent donc résoudre leurs problèmes seuls et sans demander aux autres de s'apitoyer sur leur sort (Soit un homme, un homme ça ne pleure pas, man up etc).

Cette injonction de faire front aux obstacles de la vie avec un certain stoïcisme, peut dans de nombreuses circonstances se transformer en une qualité, mais peut aussi avoir des effets négatifs pour l'amélioration de la condition masculine.

Les hommes en difficultés pour répondre à cette injonction se taisent, renoncent à exercer pleinement leurs droits ou à solliciter de l'aide. Ils se débrouillent seuls et se retrouvent ainsi enfermés dans ce statut « d’homme forts », alors même qu’ils sont en réalité en situation de faiblesse et parfois de grande vulnérabilité.

Cet enfermement est d’ailleurs maintenu par une partie du mouvement néo-féministe moquant, avec des concepts tels que « MALES TEARS », les hommes qui se plaignent.

Dans ce dernier cas, le stéréotype de la virilité est utilisé par les mouvements neo-feministes à des fins purement sexistes et militantes. Il s'agit de signifier aux hommes qui se plaignent qu’ils ne sont pas virils en vue de les faire taire, en les tournant en ridicule.

De la même manière, certains hommes se moquent des autres hommes en difficultés (ex : un homme se plaignant de violences conjugales pourra faire l’objet de moqueries)  pour renforcer leur propre virilité. De fait, pour un homme, se moquer d'un homme plus faible constitue un moyen d'augmenter sa propre virilité à peu de frais.

L’enfermement des hommes dans le stéréotype « de l'oppresseur» :


Si la théorie du patriarcat,  des concepts tels que la « domination masculine » ont permis de mieux appréhender les difficultées de la condition féminine force est de constater qu’ils servent désormais aussi de paravents pour dissimuler ce que les hommes apportent à la société et les problèmes qu’ils rencontrent en les enfermant dans un « statut d’oppresseur ».

Campagne RATP 2017

Personne n’ayant envie de protéger un « oppresseur », de s’intéresser aux problèmes d’un « dominant », surtout dans une époque où l'idéologie victimaire se porte bien, la cause des hommes est stratégiquement rendue inaudible voir infréquentable par une réthorique diffusée ad nauseam autour de théories  comme celle de la "masculinité toxique" . Pourtant, et il faut le rappeler encore et encore  l'immense majorité des hommes n'oppressent, ne dominent ou n'agressent personne et l'immense majorité des hommes n'ont que très peu de tolérance vis à vis de la violence et notamment celle à l'égard des femmes. D'ailleurs, et cela peut être rappelé aussi, les femmes sont biens plus tolérantes vis à vis de la violence exercée sur les hommes par des hommes qu'elles ne le sont lorsque la même violence est exercée par des hommes sur des femmes.

Les néo-féministes ont notamment bien compris l’intérêt de faire tourner la machine à diaboliser les hommes et celle à victimiser les femmes à plein régime.

En renforçant le stéréotype « femme=victime / homme=oppresseur », seuls les problèmes touchant la condition féminine suscitent ainsi l’attention et ceux touchant la condition masculine suscitent le rejet ou l'indifférence.

Par ailleurs, les hommes défendant la condition masculine sont présentés comme « d’horribles masculinistes » forcément fascistes, mysogynes etc. Le but de ces étiquettes infamantes est de décourager les hommes à prendre des positions publiques pour la cause des hommes.

L’invisibilisation médiatique de la condition masculine :


Les problèmes touchant la condition masculine sont quasi-invisibilisés au sein de la société. Il s’agit de la conséquence logique des points abordés précédemment. Nous avons là un frein important à la mobilisation pour la condition masculine, car lorsque vous rendez invisible un problème, vous empêchez qu’une prise de conscience se produise pour aider à la résolution de ce dernier. 

Cette invisibilisation est particulièrement nette au plan médiatique. Les médias  peuvent  ainsi faire « pleuvoir » pendant des semaines des articles sur le prix des rasoirs roses, sur l’égalité salariale, ou sur le mansplanning et ne jamais traiter (ou très occasionnellement) des sujets autrement plus graves, liés aux problématiques que rencontrent des milliers d'hommes (ex : espérance de vie, taux de suicide) ou jeunes garçons (ex :échec scolaire).

Malheureusement, cette invisibilisation ne s'arrête pas au monde des médias, mais touche également, ce qui est tout aussi grave, les sphères du pouvoir politique et le monde académique.

Il faut savoir qu'en France, jusqu’en 2006-2009, par exemple,  les hommes victimes de violences conjugales ne faisaient même pas partie des statistiques publiques.

Le ministère à l’égalité Femmes/hommes ou le Haut Conseil à l’égalité Femmes/hommes, par exemple, n’ont jamais traité le moindre sujet intéressant la condition masculine.

Dans les universités, l’étude de la condition masculine est laissée en friche, les études dites « de genre » sont uniquement orientées vers la mise en évidence d’une « domination masculine » déroulant ainsi sans fin (voir en boucle) une critique de la masculinité, de la virilité, du sexe masculin et de la paternité. Ainsi, les problèmes touchant spécifiquement les hommes sont ignorés, minimisés ou carrément niés.

Sur ce point l’attitude des universitaires est inexcusable. Il y a indéniablement dans l’air du temps une forme d’obscurantisme malsain qui à long terme risque d'être extrêmement préjudiciable à la société dans son ensemble.

Le noyautage des institutions par les néo-féministes :

Timbre à la gloire des FEMENS

Nombre d'institutions publiques,  s'intéressant à l'égalité hommes/femmes, sont désormais noyautées par les associations néo-féministes ou des militantes néo-féministes. On peut désormais parler de féminisme d'état ou de féminisme institutionnel sans commettre  un abus de langage.

Historiquement cela s'explique par le fait que les féministes ont été les premières à s'intéresser à ce sujet. Elles ont eu le champ libre, pour occuper tout l'espace disponible et progressivement s'introduire dans les instances stratégiques où elles pouvaient avoir de l'influence. Pour certaines de ces institutions, elles en sont même à l'origine ce qui facilite considérablement le noyautage.

Leur présence en soi n'est pas un problème, mais elle le devient si elle permet d'exclure du débat les questions touchant aux problèmes que rencontrent les hommes, dans des instances où l'on est censé parler d'égalité.  Or, il apparait que le féminisme d'état ne s'intéresse à l'égalité que pour supprimer les inégalités qui touchent les femmes. Il ne sert donc pas l'intérêt général, mais les intérêts d'un groupe : celui des femmes.

Il est possible de prendre l'exemple du Haut Conseil à l'égalité Femmes/hommes (HCE), puisque c'est presque une caricature du genre.

En apparence, il s'agit d'une instance a priori intéressante pour débattre et trouver des solutions concernant les sujets liés à l'égalité hommes/femmes. Malheureusement quand vous lisez les rapports du HCE  vous avez la désagréable impression de lire une mauvaise compilation d'articles de Slate/Cheek magazines  (sans oublier l'écriture inclusive). D'années en années, le parti pris féministe est clairement affiché. Il n'y a jamais d'opinions divergentes, très peu de nuances dans l'argumentation. Les hommes représentant la sensibilité masculiniste de l'égalité F/h ont-ils leur mot à dire ? C'est à se demander si les membres du HCE n'ont pas tous été recrutés parce qu'ils avaient un même point de vue féministe et gynocentré. Dans ce cas, il aurait mieux valu nommer ce Haut Conseil : Haut Conseil du féminisme.

Qualifié d'ailleurs par certains de mauvaise blague,  le HCE semble, à certains égards, déconnecté, hors-sol, et en tout cas bien éloigné de la réalité de beaucoup de Français et des débats présents dans l'androsphère française. Le Haut-Conseil ne s'intéresse qu'aux inégalités qui touchent les femmes.

La meilleure façon pour faire avancer l'égalité a toujours été de ne laisser personne sur le bord du chemin. Ne pas y associer les hommes, en s'intéressant également à leurs problématiques, est le meilleur moyen pour que non seulement ils se détournent du sujet de l'égalité mais pire encore qu'ils le combattent en le percevant comme "hostile".


L'absence de financement à destination de la condition masculine :

féminisme argent business

Où est passé l’argent pour le droit des femmes s’interrogeait en 2016 dans un rapport éponyme le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.

Le Haut Conseil tirait même la sonnette d’alarme (sa grande spécialité). Ainsi on pouvait lire dans son communiqué du 15 septembre 2016 :

« En 2016 le budget alloué au ministère des droits des femmes dans le cadre du programme « Egalité entre les femmes et les hommes » n’est que de 27 millions d’Euros soit 0,0066% du budget général quand le coût estimé des violences faites aux femmes est estimé à 2.5 milliards d’euros par an.".

Commençons par rappeler que les crédits budgétaires consacrés à l’égalité Homme/Femme représentaient en 2016, selon le document de politique transversale pour le projet de loi finance 2016, la somme : 222 millions d'euros (source p.68). Chez les féministes ont est pas à 200 millions prêt, mais il y a des limites tout de même .

De fait, depuis plusieurs années le ministère du droit des femmes a mis en place une politique intégrée autour de 6 axes pour l’égalité hommes/femmes, associant tous les ministères et traversant toutes les politiques publiques. Les budgets sont donc répartis sur différents ministères et non pas seulement celui du Ministère du droit des femmes.

En réalité, le montant de 27 millions  représentant soit disant 0,0066% du budget général n’est que le montant alloué au programme dit 137 intitulé « Égalité entre les femmes et les hommes » et visant à « impulser et coordonner les actions relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes dans la vie professionnelle, économique, politique et sociale, à la promotion des droits et à la prévention et la lutte contre les violences sexistes »(source p.71).

En 2017, le montant des sommes engagées pour la politique transversale a été porté à 439 millions d'euros  (+90 millions constaté ex-post) (source p.16). En 2018, 423,6 millions d'euros ont été alloués (source). En 2019, se seront 544 millions d'euros (source p.16) qui seront mobilisés par les ministères pour la politique transversale d'égalité homme/femme. Relevons que ces sommes ne comprennent pas les budgets alloués par les collectivités territoriales, l'europe et le financement privé. 

Ainsi, de 2016 à 2019, se sont 1,6 milliards d'euros qui auront été dépensés par l'état en faveur des politiques d'égalité hommes/femmes.

Une fois les chiffres et les ordres de grandeur rétablis d'une façon plus objective, il convient de noter que l’ensemble des fonds publics pour l’égalité homme/femme sont en réalité destinés exclusivement aux femmesSeules les inégalités touchant les femmes font l’objet d’un financement. De fait, sur les 6 axes de la politique « d’égalités » hommes femmes  aucun ne cherche à corriger une inégalité en défaveur des hommes ou garçons alors même que celles-ci sont constatées par les documents de politiques transversales.

Le critère de l’action en faveur de l’égalité n’est donc pas la gravité d'une l’inégalité constatée entre hommes et femmes mais  de  savoir si l’inégalité affecte une femme ou non. Si l’inégalité concerne une femme, elle doit être corrigée et donc financée, si elle concerne un homme c’est un non-sujet. Voilà ce que signifie en termes budgétaires une politique dite d'égalité lorsqu'une idéologie devient dominante et ne sert plus l'intérêt général mais des intérêts particuliers. 

Pendant ce temps, par exemple, alors que les violences conjugales touchent également les hommes, la seule association existante a du cesser son activité fautes de moyens,  tandis que le  féminisme business, par contre, semble lui tourner à plein régime (voir Contrepoint, Mos Majorum). Un éco-système entre le féminisme d'état et le féminisme business semble en effet s'être mis en place pour se partager le demi-milliard annuel de financements publics.

En 2019, l'état dépensera : 0 € pour l'égalité Femmes/hommes et 0 euros pour les hommes.

La censure


L'affaire du reportage de France 2 " : "C'est quoi un homme ?" 


AVERTISSEMENT  : Afin de tenir compte des recommandations du CSA nous vous informons que la vidéo ci-dessus s'adresse à un public très averti et peut heurter votre sensibilité. Elle comporte des propos sexistes à la limite du supportable.

L'affaire a eu lieu à l'occasion de la diffusion d'un reportage de cinq minutes sur des stages organisés par des mouvements catholiques pour des hommes s'interrogeant sur leur masculinité.

Alors que France2 et les autres chaines publiques diffusent à longueur d'année, des émissions sur les femmes/le féminisme, pour une fois, la chaine publique consacrait un reportage de 5mn sur des hommes en questionnement.

Mal lui en a pris, d'autant que le présentateur a osé lancer le reportage dans les termes suivants : “Faut-il réaffirmer la masculinité ? La question peut sembler artificielle, de fait, un demi-siècle après les années 1960 et la fin du patriarcat, beaucoup d’hommes seraient en proie à un doute existentiel, au point que des stages sont désormais proposés, on appelle ça le mouvement viriliste ”.

Réaffirmer la masculinité  fin du patriarcat , virilisme ... Que n'avait-il pas dit là ! La levée de boucliers fut immédiate ... France2 donnait carte blanche aux masculinistes au travers d'un "insupportable message sexiste". Des hommes se réunissent entre eux pour discuter de ce qu'est la paternité et la masculinité .... mais c'est la sédition en marche dirait Castaner.

L'affaire aurait pu en rester là, si une députée féministe n'avait pas saisi le CSA. Ce dernier va alors immédiatement rappeler à l'ordre France 2 en considérant "qu'en proposant ce sujet sans davantage le contextualiser et sans commentaire critique explicite, que ce soit dans le cadre du reportage ou lors de son lancement, la chaîne avait diffusé une séquence présentant une conception rétrograde et machiste de la place des femmes par rapport aux hommes".

En d'autres termes, si vous voulez parler de la masculinité, il faut nécessairement avoir un regard critique EXPLICITE.


Autres exemples de la police de la pensée imposée par le neo-féminisme :

Le "politiquement correct" néo-féministe :


Le "politiquement correct" est une façon de pensée qui tend à exclure du débat ou du champ de la liberté d'expression tout ce qui n'est pas conforme à l'idéologie dominante du moment.

Le mouvement néo-féministe s'en donne à coeur joie, et désormais le moindre dérapage visant une femme est traqué. Un mot de trop peut vous coûter votre carrière ou votre réputation. Avec le "name and shame",   c'est le retour des "mises au pilori public", des dénonciations publiques, des lynchages publics souvent à coup de tweets et d'articles de presse assassins. Il s'agit de briser des individus pour qu'ils cessent de s'exprimer et dissuader les autres de faire de même. D'ailleurs, relevons que le fait qu’un nombre important d’hommes s’intéressant à la condition masculine s’expriment de façon anonyme (alors que leurs propos ne sont en rien condamnables au plan juridique) est très certainement un indice sérieux de la police de la pensée dans ce domaine.

Les plus chanceux s'en sortent avec des  excuses publiques, voir des excuses publiques en pleurs,  ceux qui le sont un peu moins, risquent les démissions forcées, les  licenciements, les exclusions. L'affaire la plus emblématique, en raison de son retentissement mondial, étant celle de James Damore, cet employé de Google licencié pour avoir publié en interne un mémo prétendument sexiste.

Ainsi désormais, dans les universités se sont les micros qu'on arrache, dans les musées des tableaux qu'on décroche, (Lire Punir, Censurer, Interdire: Les féministes au musée)  tout y passe, les sciences, l'humour, les arts,  etc. .

L'une des particularités du politiquement correct c'est qu'en faisant régner une forme de "terrorisme intellectuel", il aboutit très  rapidement à de l'auto-censure au sein de la population. Comme l'explique très bien  Fidès, Laurent  dans son ouvrage "Face au discours intimidant " le processus est toujours a peu près  le même : "dans un premier temps, c’est la peur qui contraint au silence, puis la règle du silence acquiert sa propre autorité et passe pour être normale. On ne s’exprimera plus sur certains sujets non pas à cause de menaces potentielles, mais par conviction que ces sujets n’ont pas à être abordés sous un angle critique et que ceux qui s’aventurent dans cette voie sont des individus malintentionnés et peu fréquentables".

C'est ainsi qu'on arrive très rapidement à une situation, où les journalistes, les professeurs, les hommes politiques,  n'osent plus s'exprimer sur les questions hommes/femmes en disant ce qu'ils pensent vraiment. Tout le monde adopte le discours convenu,  pour sa carrière, pour son image, pour son crédit social. Les tartufes sont alors légions, y compris chez les nouveaux inquisiteurs du bien contre le mal, comme semble le laisser à penser l'affaire de la Ligue du LOL.

Dans ce contexte, inutile de préciser, que le discours sur la condition masculine est particulièrement peu propice.

Par Thumos Andreia.