Les causes de l’hivers démographique : le féminisme court toujours

Deux articles cette semaine cherchant les causes de l'hivers démographique touchant désormais la majorité des pays occidentaux.

Le premier article, de l'Express, s'interroge  "Où sont passés nos bébés"?. Avec un indice conjoncturel de fécondité passé en 2017 à 1,88 enfant par femme, alors qu'il était encore en 2010 à 2,03 enfants par femme, c'est à dire déjà en dessous du seuil de renouvellement des générations (fixé à 2,07), la question mérite d'être posée.

Pour l'Express, le coupable est cependant tout trouvé : François Hollande. Il aurait un peu trop raboté les aides aux familles (-35 milliards). On peut ne pas être du tout pro-hollande l'explication à elle seule ne convaincra personne.

Heureusement l'inénarrable M. Hervé Lebras nous rassure comme toujours "elles ne font pas moins de bébés, elles les font plus tard. Si bien que la descendance finale - c'est-à-dire le nombre d'enfants moyen d'une génération de femmes à la fin de sa période de fécondité - reste légèrement supérieure à 2, autrement dit au niveau qui permet le renouvellement des générations".

L'indice baisse, mais plus tard au final, .... vous verrez .. il ne baissera pas. Ouf ! nos retraites, basées sur un système pyramidal, où il faut toujours plus de cotisants que de retraités,  seront sauvées, plus tard au final, dormez tranquilles.

Traversons l'atlantique, où l'hivers démographique sévit également mais tout de suite et au final annonce un "apocalypse démographique", avec cette fois un article de Slate, beaucoup plus intéressant intitulé 'Les vraies raisons de la baisse de la natalité aux États-Unis". Ils n'ont pas élu Hollande, M. Lebras n'y officie pas, les explications devraient être différentes... et elles le sont.

Pêle-mêle les explications données sur pourquoi les femmes ne veulent plus d'enfants sont :  le "prix élevé des systèmes de garde, la volonté d’avoir plus de temps pour elles, (..) l’absence de partenaire, le divorce et la séparation, leur «mode de vie» (sic),  le fait qu'elles soient de plus en plus éduquées et matures.

Et les hommes qu'en pense SLATE ? Et bien ...."Les hommes (..) souffrent de la situation économique, qui fait qu’ils ont moins de chance que les générations précédentes d’avoir des revenus plus élevés que leurs parents. Et les hommes (..) sont confrontés au changement des mœurs, qui s’orientent vers une déstigmatisation progressive du célibat longue durée ou du fait de ne pas avoir d’enfants"

Conclusion de SLATE, accrochez-vous, j'ai gardé le meilleur pour la fin :

"Si les femmes ont des attentes plus élevées quant leur vision d’un partenaire adapté, de sorte qu’elles se retrouvent seules à la fin de la trentaine au lieu de se caser avant 30 ans, il faut s’en réjouir. et aussi lancer une action nationale  concertée pour panser les plaies de la masculinité qui empêchent les hommes de se conformer à ces nouvelles attentes". 

Tout se passe donc comme si aucun mouvement social de grande ampleur n'avait eu lieu ces dernières années. Il semblerait que le "féminisme" court toujours, il n'est même pas suspecté.

Photo by Benjamin Balázs