Tu as pris la pillule rouge … alors suivons le lapin blanc et descendons au fond du terrier…


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Après avoir pris la pilule rouge, en suivant le lapin blanc et en descendant au fond du terrier, la première personne que vous rencontrerez c’est  un mammifère nommé : Homo sapiens sapiens.

Il se trouve, puisqu'il s’agit d’un mammifère, qu’il en existe des spécimens mâles et femelles avec comme principale différence entre eux que seules ces dernières peuvent accoucher.

Pour en comprendre les conséquences dans les rapports respectifs entre homme et femmes, il convient de se plonger un instant dans un article de Claude Meillassoux, ancien directeur de recherche au CNRS, intitulé « De l’incapacité des hommes à accoucher, et ce qu’il en advient" .

Il écrit alors :

La première conquête des « droits de l’homme (viris) » c’est de s’être fait reconnaître comme un genre utile et non comme un sexe surnuméraire réduit au sort des étalons
Claude Meillassoux

Dans le genre humain, les mâles en tant qu’agents de reproduction sont surnuméraires. Dans une société animale domestiquée, (celle du bétail, par exemple), seulement une fraction des mâles est conservée et entretenue. La reproduction pourrait être assurée de même dans la société humaine par une proportion d’individus mâles bien inférieure à la population féminine. [..] La première conquête des « droits de l’homme (viris) » c’est de s’être fait reconnaître comme un genre utile et non comme un sexe surnuméraire réduit au sort des étalons.[..] Sur le terrain physiologique, la capacité des femmes à engendrer, qu’elles ne partagent pas avec les individus du sexe masculin, est une fonction supplémentaire et essentielle qui s’avére [..] plus une supériorité qu’un défaut. Les femmes peuvent en effet faire tout ce que font les hommes, plus des enfants. [..] c’est « à défaut », [..] de pouvoir engendrer que les hommes ont dû s’affirmer sur un autre terrain pour échapper au sort de simple étalon reproducteur qui semble être celui que leur destinait la nature ».  

Si a priori la notion de « sexe surnuméraire » n’a de sens que dans une optique de reproduction d’élevage, elle pointe une réalité à savoir, que la reproduction de l’espèce humaine serait sans doute bien plus menacée s’il venait a y avoir bien moins de femmes que d’hommes, que dans l’hypothèse inverse.

Cela tient au fait qu'une femme peut avoir un nombre d'enfant limité (en raison de la durée de gestation de 9 mois) et de la durée de sa fertilité, alors qu'un homme peut - théoriquement du moins - avoir des enfants sans limite de nombre et jusqu’à un age avancé. Il y a donc moins besoin d'hommes que de femmes si on se situe sur un strict plan reproductif.

Leçon The Red PILL n°1 : Le sexe masculin est potentiellement le sexe surnuméraire au plan reproductif. 


Retiens bien cette notion de « sexe surnuméraire ».


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Ce qui est potentiellement en surnombre à moins de valeur et peut être plus facilement sacrifié :

Etre surnuméraire, c'est toujours être potentiellement de trop. De manière générale, ce qui est de trop, à l'inverse de ce qui est plus rare,  a potentiellement moins de valeur et peu donc plus facilement être sacrifié.

Ainsi, comme nous allons le voir, les hommes parce qu'ils sont potentiellement surnuméraires ont de tout temps et en tout lieu été plus susceptibles d'être sacrifiés, exposés à la pénibilité ou aux activités dangereuses que les femmes. 

Les guerres sont l'exemple le plus parlant. De fait, ce se sont des générations entières de jeunes hommes et non de jeunes filles qui ont été sacrifiés à l'occasion des conflits quelque soit la période de l'histoire ou la civilisation étudiée. Bien évidemment des femmes se sont parfois battues, il y a de même  toujours eu des résistantes, et durant les guerres les femmes n'étaient nullement passives ni à l'abris du risque loin de là. Mais, et c'est un fait, sur les monuments aux morts les prénoms sont massivement masculins.

Sous un autre angle, les métiers dangereux ont de tout temps été massivement effectués par des hommes. Aujourd'hui encore, et cela mérite d'être rappelé, 94 % des accidents mortels du travail concernent des hommes. A l'occasion des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les personnes que l'on a envoyé à une mort certaine (ou qui se sont proposés) étaient tous des hommes, sans exception. 

Il faut ajouter que les hommes effectuent également massivement les métiers avec la plus forte pénibilité à savoir les métiers ouvriers généralement non qualifiés. Un homme français sur trois ayant un emploi est un ouvrier, soit 21% de la population active. 88% des ouvriers non qualifiés et 67,7% des ouvriers qualifiés sont des hommes. Or, la pénibilité à un lien direct avec l'espérance de vie. Ainsi, un ouvrier a une espérance de vie de 6,4 ans inférieure à celle d'un homme cadre (elle n'est que de 3,2 ans pour les femmes ouvrières vis à vis des femmes cadres). Si l'on s’intéresse à l'espérance de vie en bonne santé les écarts entre cadre et ouvriers sont à 60 ans, en 1991, de 17 années sans incapacité pour les cadres contre 12,8 années pour les ouvriersEnfin, toujours selon l'INSEE, "Quelle que soit leur catégorie sociale, les femmes vivent plus longtemps que les hommes. L’espérance de vie des ouvrières est ainsi supérieure d’un an à celle des hommes cadres (op.cit).

Le sexe le plus sacrifié, exposé au risque et à la pénibilité a toujours été et demeure le sexe masculin. 

On pourra objecter à juste raison que la force physique des hommes les rends plus compétitifs dans les activités où celle-ci est requise. Or ces activités étant les plus dangereuses il ne semble pas anormal qu'a l'occasion de guerres ou lors d'accidents du travail ces-derniers soient surreprésentés. Nous avons là un tempérament à prendre en compte avant de conclure que les hommes sont sacrifiés en raison de leur caractère potentiellement surnuméraires au plan reproductif.

Pour autant, comme le rappelle Clause Meillasoux "la force physique n’est pas un critère discriminatoire entre les sexes, puisqu’il y a toujours une certaine proportion de femmes physiquement supérieures à une certaine proportion d’hommes physiquement inférieurs. De plus, cette supériorité varie avec l’âge respectif des individus en cause. [..D'ailleurs] Sur le plan sportif, les performances entre hommes et femmes tendent à se rejoindre ".  

Mais surtout, en raison des progrès techniques (la mécanisation notamment), la différence homme/femme n'est en aucun cas suffisante pour être discriminante dans nombres d'activités et ce depuis bien longtemps.

Notons que le carractère sacrifiable de l'homme a été confirmé par plusieurs études de psychologie (voir leçon 5) mettant en évidence qu'hommes et femmes, et peut-être un peu plus les femmes, tendent a accepter l'idée que l'homme est le sexe sacrifiable. Ce qui confirme en tout point la fameuse expression : "Les femmes et les enfants d'abord".

Leçon The Red PILL n°2 : La valeur au plan reproductif des hommes est moindre ce qui entraîne le fait qu'ils peuvent plus facilement être sacrifiés. Ils sont donc le sexe sacrifiable.



Tu es encore là, alors descendons encore …


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Etre dans le groupe surnuméraire au plan reproductif c'est être exposé à ne jamais se reproduire

On sait grâce aux études sur le génome que les hommes au cours de l'histoire se sont beaucoup moins reproduits que les femmes (A recent bottleneck of Y chromosome diversity coincides with a global change in culture). En d'autres termes, une part significative des hommes ayant vécu depuis l'origine de notre espèce n'ont pas de descendants vivants à l'heure actuelle. 

D'une certaine manière, on peut voir la traduction de ce phénomène  toujours contemporain dans les statistiques de l'INSEE mettant en évidence qu'a nouveau de plus en plus d'hommes sont sans enfants soit 21 % des hommes nés entre 1961 et 1965 ( contre 12,8% pour les hommes nés entre 1941 et 1945) sans que cela n'affecte de façon significative le nombre de femmes devenant mères.

Ainsi, si la proportion d'hommes sans enfants a doublé en une génération, la proportion de femmes sans enfants elle est restée quasiment stable depuis les années 1930: 13,5% contre 12 % pour les générations précédentes  (Source : Figaro/INSEE). Les derniers chiffres de l'INED évaluent à 14% l'infécondité pour les femmes nées en 1968 sans fournir cependant l'indice d'infécondité des hommes.

En tout état de cause il n'y a pas d'impact significatif sur le nombre de femmes devenant mères du fait que désormais plus d'un 1 homme sur 5 n’accède pas à la paternité.

Les hommes sont donc plus susceptibles que les femmes de ne pas accéder à la reproduction (+7,5 points d'infécondité). 

Avec la PMA pour toutes, qui est également une PMA sans père à partir de banques de sperme, la tendance risque de ne  pas s'inverser et il est probable que l'on atteigne très rapidement des proportions d'un quart d'hommes qui ne seront jamais pères dans les prochaines années.

Toute chose étant égale par ailleurs, la pression pour se reproduire avec le risque d'échouer est incontestablement du coté des hommes.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si sur les sites de rencontres on retrouve des ratios d'une femme pour 3 ou 4 hommes, si ces derniers s'estiment devoir "draguer" plutôt que l'inverse.

Leçon The Red PILL n°3 : Le sexe masculin est plus exposé à ne pas se reproduire.



Nous y sommes presque …. je n’ai jamais dit que se serait plaisant

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De manière générale ce qui est de "trop" est potentiellement inutile. Pour acquérir de la  valeur, se distinguer au sein de son groupe surnuméraire, l'homme doit donc démontrer sa capacité à être "utile" et se  montrer désirable.

Une cartographie des masculinités réalisée en 2018 dans le cadre d'une vaste étude révèle que pour 75 % des femmes, il est encore important qu'un homme soit viril et que pour elles être viril c'est être avant tout courageux. Le larousse définit ainsi le courage : "Fermeté, force de caractère qui permet d'affronter le danger, la souffrance, les revers, les circonstances difficiles ;  Ardeur mise à entreprendre une tâche". Tout est dit ou presque. "Messieurs prouvez votre capacité à vous sacrifier et travaillez dur si vous souhaitez augmenter vos chances de succès auprès de noues".

Dans l'histoire, de façon  schématique - l'homme  a prouvé son utilité en démontrant sa capacité à protéger sa famille et à pourvoir à ces besoins. 

Concernant la protection, sur un strict plan de la protection physique, ce n'est pas un complet hasard si une étude de l'INSEE confirme que la vie en couple est moins fréquente parmi les hommes de petite taille (ce qui n'est pas vrai à l'inverse dans les mêmes proportions pour les femmes). Les hommes de grande taille étant mieux à même de se défendre que "les petits" cela a pu entraîner une préférence des femmes pour ces hommes. Il en va de même d'une préférence d'un certain nombre de femmes pour les corps athlétiques.

Concernant le rôle de pourvoyeur celui-ci s'est traduit dans l'histoire dans l'hypergamie des couples. Les hommes les moins susceptibles de se reproduire demeurent encore les hommes sans diplômes (tableau INSEE ci-joint) et donc les moins susceptibles d'assumer ce rôle de façon très satisfaisante.

En un mot, même si ce n'est pas un scoop que de le dire, il vaut mieux - si l'on simplifie à l'extrême (et de façon criticable) - être "grand et riche" que "petit et pauvre" sur le marché de la conjugalité.

Bien entendu, on ne peut pas reprocher aux femmes leur rationalité (ni en aucun cas réduire leur choix de conjoints à une rationalité utilitaire) dans la volonté de tirer profit du caractère potentiellement surnuméraire des hommes pour chercher à sélectionner celui qui optimisera leur condition de vie et celles de leur(s) enfant(s).

D’autant que les hommes ont aussi leur propre rationalité (les mères célibataires, par exemple, rencontrent beaucoup plus de difficultés sur la marché de la conjugalité que les autres femmes, ce qui laisserait à penser que les hommes sont moins enclins à jouer un rôle protecteur et pourvoyeur pour des enfants qui ne sont pas les leurs).

Leçon The Red PILL n°4 : Pour acquérir de la valeur et se reproduire l'homme doit se démarquer au sein de son groupe surnuméraire et notamment démontrer sa capacité à être utile. Il est donc en compétition avec les autres hommes et généralement s'en démarque avec son statut social et/ou sa condition physique.

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