Leçon RED PILL n°5  : Tu n’es pas que jetable, tu es également dégoûtant.




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Nous avons vu dans les précédentes leçons Red PiLL 1 à 4 qu'en raison du fait que l'homme était, au plan reproductif, le sexe surnuméraire, il a de tout temps été plus susceptible d'être sacrifié que les femmes et notamment, en conséquence, plus exposé au risque et à la pénibilité.

Nous allons voir dans cette leçon que le caractère jetable de l'homme est confirmé par plusieurs études de psychologie. Ce qui nous conduira à nous  intéresser aux relations intergroupes entre hommes et femmes. Ce sera alors l'occasion de voir que l'homme est aussi, ce que l'on nomme en psychologie sociale, dégoûtant.

Les hommes sont plus susceptibles que les femmes de faire le choix de sacrifier trois membres de leur sexe pour sauver la vie d’un membre du sexe opposé.
Intrasexual Competition Shapes Men’s Anti-Utilitarian Moral Decisions - Evolutionary Psychological Science March 2015 -

Etudes de psychologie validant le caractère "sacrifiable-jetable" de l'homme


Plusieurs études universitaires mettent en évidence le caractère sacrifiable de l'homme et confirment en tout point l'injonction sociale "les femmes et les enfants d'abord".

Une étude universitaire menée tout d'abord par l’université de Cambridge et l’université de Columbia en 2016 intitulée « Moral Chivalry Gender and Harm Sensitivity Predict Costly Altruism » a mis en évidence qu’hommes et femmes avaient tendances à sacrifier un homme plutôt qu’une femme lorsqu’il s’agissait de sauver des vies et que tant les hommes que les femmes privilégiait le bien être des femmes avant celui des hommes. 

Une autre étude universitaire de 2015 a montré que les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de faire le choix de sacrifier trois membres de leur sexe pour sauver la vie d’un membre du sexe opposé.

Le MIT devrait présenter courant de l’année 2018, les résultats d’une étude portant sur les choix éthiques que doivent réaliser les voitures autonomes confirmant encore une fois cette tendance de l’être humain à plus facilement sacrifier les individus de sexe masculin que ceux de sexe féminin.

Enfin une étude  de 2004 (Gender Differences in Automatic In-Group Bias: Why Do Women Like Women More Than Men Like Men?) a mis en évidence que les femmes avaient une plus forte préférence pour protéger les membres de leur genre que les hommes pouvaient en avoir entre eux pour se protéger.

Ce qui est alors intéressant de souligner à ce stade de notre analyse c'est qu'a une époque où la question de la survie de notre espèce ne se pose plus et que nous faisons même face à des problèmes de surpopulation, le choix éthique du sacrifice entre deux humains (un homme et une femme) est toujours fortement corrélé à la question du genre et en faveur des femmes.

Pourtant si la survie de notre espèce n'est plus un enjeu, il serait légitime de poser la question de savoir pourquoi la vie d'un homme vaudrait moins que la vie d'une femme et ce qui pousse nos sociétés à maintenir voir encourager ces comportements alors qu'il s'agit de choix qui pourraient être qualifiés de non éthiques ou en tout cas difficilement justifiables au regard de notre morale kantienne.



« Elles sont un groupe, nous sommes des individus. » C’est ainsi. 


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Dégoût et relation inter-groupes hommes/femmes


Alors qu'on aurait pu s'attendre à ce que les femmes sacrifient plus les hommes et que les hommes sacrifient plus les femmes par un effet de solidarité de genre (e.g solidarité de groupe), toutes les études précitées démontrent qu'hommes et femmes protègent plus les femmes ou montrent plus de compassion à leur égard.

En d'autres termes, les hommes aiment moins les hommes que les femmes ne s'aiment elles-mêmes. Les femmes se comportent plus comme un groupe solidaire (concept de sonorité) et les hommes comme des individus peu solidaires et compatissant les uns vis-à-vis des autres.

En sciences sociales c'est une anomalie, et ce d'autant plus que plus qu'un groupe est présenté comme dominant (théorie de la domination masculine) plus les préférences automatiques de groupe sont supposées être fortes à l'intérieur de ce groupe ( voir Gender Differences in Automatic In-Group Bias: Why Do Women Like Women More Than Men Like Men?).

Pour comprendre les conséquences de ce phénomène il nous faut  aborder ce que l'on nomme en psychologie sociale, les relations in group (ou endo-groupe) et out group (exo-groupe).

On entend par in group le sentiment d'appartenance à un groupe social et par out group le sentiment inverse de ne  pas se sentir appartenir à un groupe. Il peut s'agir de n'importe quel groupe (origines, religion, opinions politiques, nationalité, classe sociale, sexe etc.).

Il convient alors de rappeler que de manière générale les individus ont tendance à avoir des a priori bienveillants avec les membres de leur groupe et à les reconnaître comme des individus singuliers et divers. A l'inverse, les personnes à l'extérieur d'un groupe ont plutôt tendance a être perçues avec des stéréotypes, comme un tout, de façon négative et à faire l'objet de traitements plus sévères, hostiles, dégradants, déshumanisant, ou plus généralement malveillants.   C'est le mécanisme de base du racisme par exemple, ou encore de la misogynie ou de la misandrie.

On dit aussi en psychologie sociale, que les personnes au sein d'un même groupe ont de la préférence automatique (biais cognitif) pour les membres du groupe et du dégoût automatique pour les personnes à l'extérieur du groupe.

Il s'agit alors d'un dégoût moral et non physique. Mais ce dégoût assure cependant une même forme de protection face à quelque chose ou quelqu'un perçu comme dangereux, hostile, déplaisant, bizarre (voir sur la notion de dégoût moral- Audrey ABITAN -Déterminants et Conséquences du Dégoût Physique et Moral : du Jugement Stéréotypé à la Déshumanisation) (voir sur le fait que les hommes sont plus exposés a être perçus comme "bizarres et flipants" l'étude "On the nature of creepiness").

Comprenez alors bien une chose. Si le sexe masculin est celui qui entraîne le moins de préférences automatiques de groupe, l'homme est donc le sexe qui provoque le plus de dégoût en termes de psychologie sociale.

Le hashtag "#Balancetonporc", la campagne de sensibilisation contre le harcèlement dans les transports franciliens présentant les hommes comme des animaux dangereux, le concept féministe de "masculinité toxique" renvoient très exactement à cette notion de dégoût moral et au processus de déshumanisation.  Lorsque le magazine Society titre,  à l'occasion d'un numéro consacrés aux masculinistes, "mysogyne jusqu'à la nausée", c'est encore une fois le même sentiment de dégoût auquel il est fait appel  (Le Larousse définissant la nausée comme un profond dégoût moral).

Aussi, ce plus grand dégoût moral vis à vis des hommes signifie aussi qu'ils sont  plus exposés à être jugés avec des stéréotypes (ex : prédateur, oppresseur, porc etc.) mais aussi qu'ils sont plus exposés à des traitements sévères,  dégradants, malveillants, déshumanisant où encore plus exposés à des phénomènes d'exclusion (prison, sdf, refus gardes d'enfants etc.).

Le monde judiciaire est un bon exemple de la sévérité avec laquelle notre société peut juger les hommes. Ainsi, les femmes bénéficient plus facilement de mesures alternatives aux poursuites judiciaires, (seulement 35 % des femmes auteures présumées sont poursuivies devant une juridiction de jugement contre plus de 53% des hommes) et si elles sont condamnées de manière générale elles bénéficient de sanctions moins lourdes que les hommes, tant en type de peines qu’en durée d’emprisonnement (INSEE : Un traitement judiciaire différent entre femmes et hommes délinquants). Les décisions des juges aux affaires familiales, qui massivement éloignent les pères de leur enfants, sont encore un exemple qui peut être cité.

Leçon Red Pill 6 : Le sexe masculin est le sexe qui provoque le plus de dégoût moral en terme de psychologie sociale, il est donc le plus exposé aux traitements par stéréotypes, aux traitements sévères, dégradants, hostiles ou déshumanisants. 

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