Le mythe du pouvoir masculin


Le « mythe du pouvoir masculin », écrit par Warren Farrell, est un ouvrage de référence dans l’étude de la condition masculine. Les thèses développées dans ce livre servent d’assise théorique à de nombreux mouvements de défense de la cause masculine.

Paru en 1993, l’ouvrage est devenu un best seller (21 éditions).

Le premier apport de ce livre est d’avoir mis en évidence que l’histoire des rapports hommes/femmes découle plus de la mise en place d’impératifs de survie que de la mise en place d’un système d’oppression ayant pour but unique d’avantager les hommes. Warren Farrel démontre que si effectivement les hommes ont dominé la sphère publique c’est avant tout parce qu’ils ont assumé le rôle de protecteur et de pourvoyeur et qu’il s’agissait du choix le plus rationnel pour la survie de la famille dans des périodes de l’histoire ou la paix, l’ordre public et la protection sociale n’avait rien de comparable avec la situation contemporaine.

Le deuxième apport du livre est d’avoir mis en évidence que le pouvoir d’un individu réside avant tout dans le pouvoir qu’il  a sur sa propre vie. Ce que pointe alors Warren Farrelk c’est qu’a partir de cette définition il devient alors problématique de considérer que le rôle de pourvoyeur et de protecteur ait été synonyme de pouvoir pour les hommes sauf à faire l’impasse sur d’une part le caractère aliénant du travail et d’autre part le « péril mortel » que représente le fait d’être envoyé sur un champ de bataille.

Warren Farrell a ainsi mis en évidence que le rôle de protecteur et de pourvoyeur des hommes a comme corollaire l’exposition à la pénibilité, au risque et à la soumission à un lien de subordination (employeur – hiérarchie militaire). 

Aussi, pour des générations d’hommes, ce que l’on nomme le pouvoir masculin  c’est concrétisé par une vie de labeur et la mort, ce qui n’est pas à proprement parler du pouvoir. 

Le troisième apport de l’ouvrage est d’avoir réuni dans un seul et même concept (homme-jetable – male disposability) le fait que les hommes ont de tout temps effectués les travaux dangereux, à risque, en plus d’être mobilisables lors des conflits pour mettre en évidence qu’ils sont dans l’espèce humaine le sexe sacrifiable. Ce concept, en raison de sa nature intemporelle et universelle met en évidence l’existence d’un mécanisme d’oppression systémique et systèmatique invalidant pour partie la théorie du  patriarcat vue comme un système d’oppression à sens unique des femmes par les hommes. 

Warren Farrell

Docteur en sciences politiques, qu’il a notamment enseigné à l’université de Georgestown, Warren Farell est le seul homme a avoir été élu 3 années de suite au comité de direction de la célébre organisation féministe « National Organization for Women ». Il  quittera cette organisation en raison notamment de son refus d’évoluer vers plus d’égalité entre les pères et mères.  

Son site : warrenfarrell.com
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