Comment le déclin du mariage monogame a accéléré la chute de Rome

La Loi du 11 juillet 1975 a introduit le divorce par consentement mutuel. Deux décennies plus tard le nombre de divorce avait été multiplié par deux et l'institution du mariage a rapidement périclitée.  Les jeunes depuis se marient de moins en moins, ceux qui le font divorcent de plus en plus, et le mouvement MGTOW ne cesse de prendre de l'ampleur

Dans le même temps, les pays occidentaux sont tous entrés dans un hivers démographique. Le taux d'infécondité des hommes ne cesse d'augmenter (1 homme sur 5 ne sera jamais père), le nombre d'enfants par femme qu'en à lui .... de baisser. Ainsi, alors que nos ados sont accros au porno, le renouvellement des générations n'est plus assuré tandis que l'industrie pornographique se porte à merveille générant chaque année 10 000 milliards de dollars de revenus.

La croissance en Europe quand à elle est en berne depuis des décennies et, alors que la parité hommes/femmes est quasi-atteinte en politique, jamais dans l'histoire récente la défiance vis à vis de nos représentants n'a été aussi grande. Tous les signes d'une société qui s'atomise et se désagrège sont là : Trump, Brexit, Gilet Jaunes.

 Et si l'histoire se répétait ?

Image Image Image Image

Nous vous proposons dans cet article un rapide récapitulatif mettant en parallèle les changements des politiques maritales survenues à Rome avec l'effondrement de l'empire Romain. Bien entendu, il nous faut rappeler que comparaison n'est pas raison. La chute de Rome est à l'évidence multi-factorielle. Cependant, une chose demeure certaine : le déclin de l'empire romain ne s'est pas fait à un moment où le patriarcat était fort mais dans un moment d'émancipation des femmes et dans une période où leur influence dans les affaires publiques fut à son apogée.

Les historiens, ethnologues et anthropologues de la fin du XIX et début du XX siècle avaient très bien analysés ce phénomène. A partir des années 70, l'université devenue anti-patriarcale va cependant soigneusement supprimer toute trace de ce discours devenu politiquement incorrect car susceptible de porter préjudice aux thèses féministes. C'est pourquoi nous exhumons deux articles universitaires, qui en leur temps furent des références. Ceci avant que le révisionnisme féministe ne fasse son oeuvre au sein des universités condamnant ainsi probablement l'histoire à se répéter tant le parallèle avec la situation actuelle en occident est frappante.


La réforme du mariage Romain à détruit l'unité familiale en quelques décennies :


Voici donc un rapide récapitulatif des changements des politiques maritales survenues à Rome et une mise en parallèle avec l'effondrement de l'empire (récapitulatif depuis un post TRP complété et amendé par nos soins)  :

  • ~ 5 siècle avant JC : la civilisation romaine est basée sur un patriarcat fort. Les pères sont responsables des actes de leur femme et de leurs enfants et ont une autorité absolue sur la famille. L'empire est conquérant.

  • ~ 1 siècle avant JC : la civilisation romaine est devenue la civilisation la plus puissante et la plus avancée du monde. La richesse matérielle est impressionnante, les sciences et les arts Romains sont au sommet. 

  • ~ 1-2 siècle après J.-C. : Peu à peu la jurisprudence va affaiblir l'institution du mariage (confarreatio) en vue  que les femmes s'émancipent de la tutelle du mari. Le divorce sans faute et le divorce par consentement mutuel sont désormais possibles et ce dernier devient rapidement populaire à la fin du 1er siècle en raison d'un formalisme réduit. L'unité familiale est peu à peu détruite en quelques décennies. Les hommes refusent alors de plus en plus de se marier car ils ont plus à y perdre qu'a y gagner (notamment en raison des restitutions de dot). Paniqués, les gouvernements tentent de rétablir le mariage avec une "taxe de célibataire", et imposent diverses mesures pour décourager les célibataires de le rester et les hommes mariés de divorcer.... mais en vain. De plus en plus, les enfants grandissent alors sans père, les femmes de l'élite s'occupent de moins en moins des enfants et font souvent appel à des nourrices. La richesse et le pouvoir des femmes augmentent très rapidement notamment par l'effet de l'héritage, tandis que les hommes sont de plus en plus démotivés et se livrent de plus en plus au vice. La prostitution et l'homosexualité augmentent. L'économie ralentie, le progrès technologique marque le pas, la culture devient décadente.  

  • ~ 3-4 siècle après JC : un effondrement moral et démographique se produit. Les romains ne font plus d'enfants, les taux de natalité sont inférieurs au taux de remplacement pendant plusieurs décennies. Les hommes sont de moins en moins respectueux de l'ordre "Républicain" se rebellent de plus en plus.  L'instabilité économique, politique et militaire devient alors extrême. L'Empire devient ingouvernable et est constamment au bord de la guerre civile.

  • Au 5ème siècle environ : l'empire s'écroule. 

Les hommes se détournèrent du mariage :

Extrait de Sexe et Culture de JD Unwins (1934)

NB :JD Unwins était professeur d'anthropologie et ethnologie à Oxford et Cambridge.

"Au deuxième siècle l'institution du mariage romain dite "confarreatio" disparu (..). Les mariages libres devinrent alors habituels. Ils pouvaient être faits et rompus par un simple consentement mutuel.

En effet, la volonté d’une seule partie suffisait au divorce, l’intention de se séparer étant communiquée soit verbalement, soit par messager. Il n'y avait pas de cérémonie, pas d'inscription, pas de formalité. Les femmes étaient exemptes de toute trace d'autorité conjugale du mari ; elles pourraient détenir des biens et pourraient contracter en leur propre nom.  La tutelle du mari demeurait mais une femme pouvait désigner son propre tuteur et l'ingéniosité des juristes de l'époque les aidait à échapper aux limitations imposées par la tutelle.

Pourtant même dans ces conditions, le mariage est devenu démodé, surtout parmi les hommes - mais il serait peut-être plus juste de dire que le mariage dans ces conditions était méprisé, car il semblait y avoir peu d'avantages à gagner, et beaucoup à perdre. Un grand nombre de citoyens influents préférèrent une maîtresse (concubine) à une épouse.

Augustus s'est efforcé d'effectuer un changement de la Lex Julia mais il est douteux que ses efforts pour soutenir un édifice en décomposition ont réussi.

Il a fallu trois ans pour convaincre le peuple d'accepter la loi, que Muirhead décrit comme "un code matrimonial volumineux, qui a exercé pendant deux ou trois siècles une influence telle à pouvoir être considérée comme l'une des sources du droit romain comme les douze tables ».

Certes, l'esprit de nombre de ses dispositions était contraire aux pratiques du premier siècle. BC, mais la «base des relations sexuelles est restée la même - un consentement mutuel. Le but de la loi n'était pas de réintroduire la continence obligatoire, mais d'encourager la fertilité et de rétablir un certain ordre dans le chaos existant.

Le mariage avec des hommes et des femmes de basse moralité était interdit; les personnes non mariées n'étaient pas autorisé à bénéficier d'un testament; les personnes mariées sans enfants n'étaient autorisées à hériter que de la moitié de leur part légale; les mères d'enfants ont été soulagées de la tutelle du mari ; le concubinage a reçu la sanction officielle ; aucun divorce n'était valable à moins qu'une déclaration formelle n'ait été faite devant témoins.

Telle était la teneur des propositions du Princeps. Bientôt, l'émancipation des femmes reçut la sanction officielle. L'autorité parentale a également été supprimée presque complètement.

(..) Peu à peu, les anciennes formes de gouvernement, conservées de l'extérieur, cessèrent de fonctionner.  Puis les Teutons ont envahi l'empire occidental. Ces Teutons possédaient, en ce qui concerne les règles sexuelles, les mêmes idées absolument monogames que les Sumériens, les Babyloniens, Athéniens et Romains avaient possédé autrefois; avant de les rejeter.

L’Empire en déclin vit à la fois l’affaiblissement des liens de famille et l’influence croissante des femmes sur les affaires publique

Extrait de Études d’histoire et d’archéologie, 1899, de Paul ALLARD, archéologue et historien, Doyen de l'Académie de Rouen.

"Dans les sociétés où la religion et les mœurs sont en décadence, l’émancipation de la femme a parfois des conséquences inattendues.

On put le constater à Rome, même dans le domaine de la politique. L’Empire vit à la fois l’affaiblissement des liens de famille et l’influence croissante des femmes sur les affaires publiques. Livie est très puissante sur Auguste ; (..) Sous Tibère, la première Agrippine sera comme le centre de l’opposition ; sous Claude, la seconde Agrippine sera comme le centre du gouvernement, et prolongera son pouvoir durant toute la jeunesse de Néron.

Au temps des Antonins, le niveau de la moralité publique remonte : on voit alors décliner l’influence féminine ; aucune femme ne dirige les affaires, de Trajan à Marc-Aurèle.

Mais, sous Commode, la favorite Marcia sera représentée sur les monnaies avec les attributs de la déesse Rome. Au troisième siècle se succèdent des empereurs sans traditions et sans naissance, aventuriers intelligents parfois, souvent parvenus sans valeur intellectuelle ou morale. C’est l’époque par excellence du règne des femmes. Pendant quinze ans, des princesses syriennes dominent le monde romain. Des deux nièces de Julia Domna, l’une, Sohémias, fait empereur l’ignoble Élagabale ; l’autre, Mammée, gouverne avec l’honnête Alexandre Sévère. À l’époque des « trente tyrans », quand tout s’abîme dans l’anarchie, deux femmes encore émergent du chaos et règnent, l’une sur l’Orient, l’autre sur l’Occident, toutes les deux commandant les soldats et portant le casque : à Palmyre, Zénobie ; en Gaule, Victorina, « la mère des armées », que ses médailles appellent aussi « l’empereur ».

Les femmes n’ont pas seulement, aux trois premiers siècles de notre ère, une action très grande sur la politique et le gouvernement : dans les provinces, dans les villes, elles se mêlent quelquefois assidûment à la vie administrative. Elles n’ont pas encore reçu le droit de vote ; mais, si elles ne votent pas, elles font voter, et ne craignent pas de mettre leur nom au bas des affiches électorales pour recommander leurs candidats. Les murailles si éloquentes de Pompéi nous en offrent plus d’un exemple. Aussi, par reconnaissance pour les présents dont quelques-unes d’entre elles comblent les cités, pour les monuments qu’elles élèvent, pour les jeux qu’elles donnent, le suffrage des magistrats ou des citoyens leur décerne-t-il, à son tour, de nombreux honneurs. Des matrones sont déclarées patronne de la corporation, patronne de la cité, mère de la colonie."